quelque chose se dit...
the owl and the coyote, the trickster and the sage
Le corporatisme
Le corporatisme.
Le cerveau de étudiant en médecine est-il
différent de celui des étudiants en médecine et pharmacie?
[suite à une lettre de corporatistes de médecine/pharmacie, jointe à leur
propre revue annuelle].]
Le personnel de santé dans son ensemble (infirmières, internes, cuisiniers, médecins, pharmaciennes, agents d'entretien, etc.) se voue à restaurer 'individu malade dans l'intégrité de sa "puissance existentielle", c'est-à-dire le rendre à la (vraie) vie, la vie non morbide, "dans un corps-non-morcellé et sain.
Lorsque l'on sait la fatigue que procurent des études aussi longues, l'épreuve que peuvent être des gardes hospitalières sans doute peu ragoûtantes, le stress qu'engendrent des examens très sélectifs et corporatistes; on pardonne sans problème que parfois (rarement) il y ait une confusion de faite entre paillardise rabelaisienne et vulgarité de potache.
Parce que le (bon) médecin restaure le corps dans sa fonctionnalité physiologico-biologique au cours d'une thérapie, il ne doit pas oublier l'importance qu'à la relation au malade qui n'est pas qu'un tas de chair affectée d'une pathologie. C'est entre autre par sa parole, par sa présence, par son attention respectueuse (certes pondéré par le sang-froid professionnel, ne tombons pas dans l'empathie sentimentaliste) que le médecin (et ses indispensables collaborateurs) soigne.
Alors qu'importe les improbables différences physiologiques entre les organes cérébraux des étudiants en quelque filière qu'ils se trouvent, puisqu'il n'y a pas de races humaines, et surtout pas de races corporatistes? Seuls leurs discours (leur parole) et leurs agissements (leurs actes) comptent : on ne peut oeuvrer à préserver efficacement la vie en cultivant par exemple, une vision sexiste, phallique et partielle de cette sexualité qui peut avoir une si grande part dans la guérison ou la gestion des handicaps. Et symétriquement on ne peut prétendre saisir philosophiquement l'essence de l'eistence et de la relation (comme parole vraie et joie partagée dans l'action) en adoptant une attitude choquée, hautaine, puritaine et méprisante envers des étudiants que le prestige parfois gâte et que le rythme d'étude empêche de mener de longues réflexions bucoliques (ce qui ne les empêche pas de réfléchir).
L'éthique est un pont entre les pratiques (scientifiques, relatives au vivant, autres), l'individu (qui ne commence à chercher à comprendre que lorsqu'il ne souffre plus "dans" son corps) et la philosophie (comme recherche vraie de bonheur et recherche joyeuse [non tragique] de la vérité). et l'éthique n'est possible que s'il n'existe pas de races d'étudiants, en médecine, pharmacie, mathématiques, philosophie, histoire, langues, ...
Le hibou.
J'ai rencontré le faluchard intelligent!
Ou plutôt, les faluchards intelligents sont venus à ma rencontre.
Après la pointe sur les faluchards parue dans notre numéro de mars-avril 1997, j'ai eu le plaisir de discuter avec des membres ou sympathisants de la faluche, qui m'ont éclairé sur la nature de l'injustice que cette saillie représentait pour eux. Qu'il soit clair dès lors que ceci n'est ni un réquisitoire, ni un plaidoyer. Je me positionne sur le terrain de la réflexion non partisane, donc n'étant dans aucun des camps je suis à la merci des feux des deux, tout en défendant finalement les deux : je me fait pour chaque partie avocat du diable.
Ainsi donc un préjugé plane sur les faluchards, ou plutôt devrais-je dire sur les gens qui portent la faluche (cf., article "la substantivation") -- mais par commodité consensuelle je dirais faluhards. On entend ça et là que les faluchards seraient des corporatistes fascistes, des brutes épaisses abruties d'alcool au front bas et au QI au niveau du front; et très souvent on le voit! Or ceux qui sont venu à ma rencontre étaient de sympathiques étudiants non-coporatistes, sans engagement politique marqué (et d'aucuns se disent même de gauche), certains même pas peu fiers de n'avoir jamais été "bourrés", autrement dit des étudiants comme les autres. Victimes en fait de deux préjugés : les faluchards sont des corporatistes et les faluchards font leur la totalité et l'intégralité de l'histoire et des dogmes de la faluche. Or ni cette histoire [colonialiste], ne ces dogmes [sexistes, voire nationalistes, toujours corporatistes] ne sont exempts de flous, d'incertitudes, d'engagements critiquables ou de pratiques condamnables, parfois illégales. Ici n'est évidemment pas le lieu de faire une histoire de la faluche ou une critique savante de ses dogmes.
Après l'appel que je lance aux philosophes a qui je demande de se souvenir en toute occasion que généraliser n'est que raisonner en cloche, je lance un appel aux faluchards capables de l'entendre. Je dis aux faluchards qui ne se reconnaissent pas dans le corporatisme, ni dans la beuverie stupidement soûlarde, ni dans le "chant des majos" (favorable à l'Algérie française} encore présent dans certains bréviaires; je leur dis de dire haut et fort leur différence, de créer une dissidence subversive face à ce qu'ils disent être la minorité bruyante. Que cette majorité silencieuse, qui ne mériterait pas une once de mépris de plus que ce qui est dû à chaque étudiant, se fasse entendre et étouffe dans ses manifestations positives les préjugés qu'ils imputent aux agissements de ce qui ne serait qu'une marge; qu'ils mettent à jour leur histoire pour ne pas passivement s'inscrire dans la lignée contestable dont ils ont hérité des institutions fascisantes, qu'ils fassent une critique interne : s'ils sont vraiment la majorité, ils doivent dès à présent prendre leur image en charge, donner l'image de ce qu'ils sont ou disent être. Qu'ils cessent d'être les actifs complices, par leur passivité, de leurs pires ennemis, les faluchards inintelligents. Qu'ils deviennent d'intelligents humanistes, qui trouveront dans la paillardise rabelaisienne l'alliée d'une grivoiserie libertaire. Je n'ai pour le moment rien vu de tel dans les documents de la doctrine officielle... je ne désespère pas.
Le coyote.