quelque chose se dit...
the owl and the coyote, the trickster and the sage
PACS-men
(écrit un an avant l'adoption du PACS)
Face aux forces du néant et aux réactionnaires de tout poil, je suis 100% favorable au P..... A..... C..... S.... (je parle en temps que naine lesbienne juive noire, fière de l'être), qui va mener, espérons le à une forme moderne de mariage non sexe-discriminant.
Par contre avec les gens gentils et intelligents, je me doit de me faire l'avocate du diable. Arrêtons les conneries: black is beautiful et gay pride sont d'indispensables prises de position contre la discrimination et la violence; mais dans le monde de la réflexion généreuse qui est celui où se déploie l'authentique philosophie, il n'y a pas de Noirs, puisqu'en vérité les races n'existent pas, et à ce niveau où la menace n'existe pas, le prétendre est du racisme, même si c'est pour dire qu'elles sont égales; et il n'y a pas de gays ou lesbiennes, parce que cette classification n'a de sens que pour ceux qui veulent créer des ghettos sexistes. Il faut donc réfléchir sérieusement sur la famille, l'union et la solidarité. Nous partirons donc, curieusement, de l'affirmation selon laquelle le PACS menace l'institution du mariage.
Une institution n'est pas la méchante autorité
venue de l'extérieur, c'est la réalité sociale qui réalise les désirs convergeant
des membres d'une société.
C'est l'ignorance de ce rôle constituant de l'individu qui donne à l'institution
cette allure de superstructure froide. La loi est une institutionnalisation
de la justice, c'est l'institution judiciaire qui se déploie à tous les niveaux
que nous connaissons, du code civil au remboursement de la TVA pour le pot à
chiotte du concierge du palais de justice. Le Commerce est une institutionnalisation
de la coopération économique (Bourses, marchés, code du commerce). Le mariage
n'est pas une institution, mais une des formes de l'institution «couple.» Notre
société reconnaît que des affinités singulières et des intérêts particuliers
peuvent être partagés spécifiquement par deux personnes. Jusqu'à peu il n'était
qu'une forme de couple: le mariage, et c'est abusivement qu'on le tient pour
une institution, et encore plus abusivement pour l'institution de l'amour. Ces
unions (mariage, puis concubinage déclaré) sont des formes de l'institution
de l'amitié authentique, si forte qu'elle tient à faire savoir à la société
qu'elle veut l'assurance du bien-être et de la sécurité pour l'autre membre
du couple.
Il ne s'agit donc pas d'une institution de l'amour. Et c'est donc logiquement que la société découvre que cette institution n'a donc pas à être centrée sur le sexe, la sexualité. Car la sexualité ne concerne que les amants, et cette forme de l'amour ne peut donc être institutionnalisée. Apparaît donc une forme non sexuelle de cette institution, qui affirme que la sexualité amoureuse n'a pas à être institutionnalisée: seule la sexualité qui le désire (par définition car, rappelons le, l'institution est oeuvre des désirs) peut être institutionnalisée, sous forme par exemple de planning familial.
Note: un signe de ce lien de l'institution au désir est que la SNCF a accordé des réductions aux couples, sans liens sexuels ni même familiaux, or il existait déjà des offres de groupe pour 2,3,4, c'est donc un autre concept, c'est ce qui était attendu par le public, c'est à dire le désir des citoyens. On est passé du couple (qui implique un lien affectif) à la couple (qui ne prend en compte que la binômité), sans jugé du contenu dont les sujets sont alors réellement libre de créer la substance par leur libre invention d'une relation libérée du regard moral d'une société victorienne.
Alors mon plaidoyer du diable est simple, il faut que le PACS ouvre aux même droit que ceux du mariage, mais aussi que la relation à l'éducation des enfants soit repensées (adoption par des couples «gays», avantages fiscaux, ...) sérieusement (que les «gays» ne soient pas aussi irresponsables que les mères ménopausées, stériles ou veuves), mais avant tout que l'on ne fasse pas du PACS un mariage au rabais pour homo- (alors même que les hétéro- rejettent de plus en plus le mariage...), c'est beaucoup plus, c'est beaucoup mieux, c'est une révolution.
C'est donc avec une certaine satisfaction que l'on voit le mariage prendre un coup et l'institution du couple (la couple lorsqu'elle est amoureuse) être servie par la naissance (ne serait-ce déjà que dans le champ des projets politiques) d'une nouvelle officialisation de la relation authentique.
Quand à la réflexion sur l'adoption par exemple, elle revient à la société, puisque ce n'est pas l'affaire du désir de quelques un(e)s mais le destin d'un enfant que la société confit à des particuliers. Je n'évacue pas par là la question, je la repositionne dans son vrai domaine, ce sujet ne saurait parasiter notre réflexion, ne cédons pas à une effet de mode.
Alors apparaît un autre problème. Pourquoi limiter le PACS à deux, pourquoi ne pas imaginer au final que les droits de la famille soient étendus à plusieurs, avec l'exemple extrême exprimé dans The TRUEMAN Show, film américain (1998) où un enfant est adopté par une firme américaine. On voit bien ici que les liens des couples ne peuvent être réduits aux seuls intérêts économiques. Et il faut peut être laisser ici la place à la seule réflexion sérieuse en la matière: le PACS n'est pas une Vérité Eternelle démontrable rationnellement comme nécessaire. Elle est une solution peu original, mais progressiste, à un problème concret: des gens qui partagent leurs vies sont considérés par la société comme de parfaits inconnus, la société refuse d'inscrire leur relation dans un espace-temps éternel (ce que fait le mariage, et toute forme de décision de vie partagée).
Le hibou.