quelque chose se dit...
the owl and the coyote, the trickster and the sage
L'amour possessif
LA POSSESSION
Quelle curieuse conception de l'amour que celle qui passe du désir au désir de possession. Imprudence et coupable glissement naturel.
Si l'amour n'est que désir de posséder (un objet), nous somme conduit a suivre Sartre dans les affres du conflit et du désir qui se meurt d'être comblé (dans tous les sens des termes). Cette approche nous entraîne dans une spirale vicieuse vers la dégradation "irrémédiable" des relations humaines.
Il faut être vicieux pour définir l'amour comme portant en son essence son impossibilité, alors que l'expérience amoureuse, libérée des images romanesques ou pornographiques, nous révèle tout le contraire. Je ne parle pas de la relation ratée ou de l'aigreur des frustrés (qui sont parfois au contraire portés à sublimer ce qu'ils ne connaissent pas), trompés, abandonnés ou autres cas si fréquent qui sans être de l'amour sont pourtant appelés à témoigner massivement contre sa possibilité.
D'où provient cette mauvaise foi, cet acharnement contre l'amour, à part de la tradition culturelle (et religieuse) qui le rattache au péché et à la possession (dans tous les sens du terme)?
Je proposerai un piste (trop paresseux que je suis de développer sérieusement): ce peut-il que l'on appelle amour ce qui ne l'est pas, déçu par ce qui ne pouvait être qu'un échec, puisque engagé en termes de possession et de conflit. On en arrive à dénigrer l'amour qu'alors on ne sait plus nommer lorsque parfois on le rencontre paré de ses habits de discrète lumière et dont on a donné le nom à une relation morte avant que d'être née, pour s'en cacher la facile fadeur.
La demoiselle à la jonquille.
UNE ROSE EST UNE ROSE EST UNE ROSE?
Quise cortar la flor más tierna del rosal pensando que de amor ne me podría pinchar, y mientrás me pinchaba, me enseñó una cosa: una rosa es una rosa es una rosa.
Pour un jardinier blasé qui n'en cultive que les variétés vulgaires et qui les récolte mécaniquement, par bouquets, avec des gants trop épais pour en ressentir le piquant, mais aussi pour en ressentir le velours; pour lui, certainement.
Pour un client qui recherche la fleur stéréotypée en promotion sur le glacé des magazines, sans goût, sans saveur, sans odeur et pour qui l'essence de la rose consiste à être prise, retournée dans son pot pour cacher la phase exposée qui se fane, et jetée; pour un amateur de la méthode "purje" [j'te prends, j'te retourne, j'te jette; purge, pur jeux, pur je], certainement.
Par contre pour le jeune homme à la rose qui ne s'attache qu'à une rose (blanche ou pourpre, rose ou jaune, noire ou non classée), dont il se réjouit qu'elle reste irriguée par son rosier : elle n'en vivra que plus longtemps; qui n'en ampute pas les épines ni les coopérations symbiotiques/symboliques : elle n'est jamais un objet possédé, mais une forme sensuelle qui s'offre au monde et au jeune homme, pour lui seul, sans qu'il ait à l'enfermer dans son boudoir obscure; qui jouit de toutes ses saveurs, de toute sa vie, sans lui infliger une mort qui est à jamais et par essence extérieure à la vie, à l'amour; pour lui une rose est.
Le damoiseau à la rose