TRAVAUX esemiens ()
Commentaire de texte: PROLEGOMENE, de KANT
Sujet:
TD "KANT" de Ch. BERNER, Histoire de la Philosophie (DEUG II), lundi
23 mars 1998.
Commentaire de texte du Prolègomène à toute métaphysique
future qui pourra se présenter comme science - §13, p49-50 éd.
Vrin, paris 1996, trad. Guillermit:
"Si deux choses sont parfaitement identiques [...], et quelque chose d'autre:
notre sensibilité."
Appréciation:
Devori original, réfléchi et indépendant. Votre approche
critique est riche et argumentée. En revanche, vous auriez pu analyser
davantage certains concepts centraux (sensibilité, entendement...). Mais
c'est bien. 15/20.
Commentaire:
Ce que Kant appelle la question transcendantale capitale se décompose en trois questions, dont la première est «comment la mathématique pure est-elle possible?» le §13 des Prolégomènes est le dernier des paragraphes chargés dy répondre, Kant va à la fois y reposer une problématique illustrant son propos sur la nature du temps et de lespace, et proposer une solution générale concernant la nature des objets de la géométrie.
Kant propose deux exemples empruntés à la géométrie : lun semble spéculatif, lautre est empirique. Pour chacun de ces exemples il donne dabord une thèse logiquement vraie, puis il développe lexemple pour montrer quil aboutit à une aporie: le fait constaté est inexplicable au vu des préjugés concernant la nature de lespace. A la suite de ces deux apories, il donne une solution qui nest que le rappel de ce qui avait été posé auparavant comme une certitude acquise, à confirmer dans les esprits.
Kant considère le problème posé comme résolu dès le §11, il consacre pourtant les §§12 et 13 à expliciter son point de vue à fin de convaincre le lecteur: comment sinscrit ce surplus dinformation dans un ouvrage qui se veut un condensé, en quoi reflète-t-il une intention méthodologique? Sur les questions de fond, quapportent ces exemples pour la compréhension de la thèse ? Et avant cela comment comprenons nous les arguments de Kant? Enfin quelles sont les conditions dans lesquelles nous devons lire ce texte (par rapport à la connaissance mathématique de lépoque), afin den tirer pour aujourdhui un enseignement?
Kant part dune hypothèse géométrique de base, dont
la pertinence relève directement du paragraphe précédent
où il est question de légalité parfaite des figures.
Précédemment; il a été démontré que
cette proposition dégalité nécessite lexistence
des jugements synthétiques a priori (cest la question transcendantale.
Ici; il est question de noter que parfois, en géométrie non plane,
cette égalité des figures nest pas observée et que
cela nest pas prévisible par la description des figures.
On notera au préalable que Kant ici se situe résolument dans un
stade de connaissance pré-critique, puisque les éléments
«connaissables» (grandeur et qualité) ne sont quune
fraction des concepts de lEntendement , une fraction de ce que Kant appelle
le cinquième degré de connaissance (Logique, VIII; AK
IX, pp. 64-65, Vrin, Paris 1997).
Dans cette optique pré-critique on considère que lespace
est une qualité propre aux choses, en elles-mêmes: il sagit
de qualités internes ou intrinsèques (les termes sont utilisés
plus loin). On vois donc que Kant a raison ici de souligner que si lon
connaît tout ce que lon peut connaître de deux choses, et
que ces connaissances coïncident, , ces deux choses sont identiques. Cest
la conséquence logique du principe de contradiction (ou ici didentité)
dont Kant reconnaît la valeur de critère formel de la vérité
logique (Logique, op.cit., p. 51). Il faut pourtant noter que dans la
lignée du reste de louvrage, qui se veut polémique, Kant
met ses détracteurs dans la position de devoir connaître «
parfaitement» toutes les «déterminations» dune
chose. Il sait que cela nest pas possible, même pour une figure
géométrique simple, mais cela ne pose pas problème puisquil
suffit den avoir une connaissance relative (et suffisante), toute connaissance
absolue étant exclue pour lhomme. Il suffit de savoir dun
triangle la valeur de ses angles et la longueur de ses cotés. Doù
deux questions: ces deux caractéristiques sont-elles suffisantes? peut-on
dire dun dieu omniscient (Dieu, par exemple) quil pourrait avoir
une connaissance absolue dune chose?
Pour répondre à la première question il nous faut comprendre lexemple de Kant, concernant les triangles sphériques. On parle bien sûr de triangles non isocèles (ce nest pas anodin). Il est vrai que par simple rotation, je peux coïncider deux triangles plans symétriques axialement. Cest-à-dire prendre un triangle pour son image en miroir, en lui faisant faire un tour sur lui-même.(Figure 1):

Mais il est ici question dun plan courbe C, cest à dire
de figures sétendant sur un plan qui dans un espèce à
trois dimension est figuré par une sphère par rapport au plan
de référence P présentant une courbure nulle.
Notons la courbure selon la convention suivante: Å
pour une courbure vers larrière, et ¤
pour une courbure vers lavant (notre représentation étant
plane, il nous faut utiliser ces conventions, sans faire apparaître la
courbure des côtés du triangle, ni le volume de la sphère).
Pour faire coïncider la projection plan des deux triangles, il faut faire
«glisser» le triangle du bas, horizontalement, jusquà
ce quil soit retourné, de lautre côté de la
sphère. Mais alors leur courbure ne coïncidera pas, et les deux
figures ne sont plus congruentes, alors que leur projection plan lest
(Figure 2). Il est remarquable que si ce triangle était isocèle,
la coïncidence ne serait pas un problème puisquil suffirait
dajouter à la translation horizontale une translation verticale.
La différence qui est observée entre les deux figures est bien une différence de «fait» et non de droit: toutes choses prises en considération a priori, elles sont identiques; au vu de lexpérience, elles sont différentes, et lentendement ne saurait dire pourquoi. Sil en été besoin (comme cest la cas après la publication de la première édition de la Critique) cet exemple souligne le caractère empiriste des théories critiques. Cest tout le caractère de ces Prolégomènes que de suivre une méthode analytique (voir §5), qui part de la connaissance donnée dun fait, pour en expliquer la possibilité. Linterprétation kantienne est assez insolite pour quil doive donner tant dexemples concret qui rendent saisissables la nécessité de changer de point de vue. Les questions que Kant ne peut que se poser comme empiriste critique sont: Comment se fait-il que les figures symétriques présentent une différence non contenue dans leurs caractéristiques internes ? Comment, donc, peut-on confondre a priori deux figures géométriques qui sont en fait différentes? Quelle est la source de notre erreur?
Kant note dans sa Logique (op. cit., p.52) que lorsquune conséquence est fausse, son principe lest aussi. Si lon croyait à une «concordance interne» et que lon observe une différence «externe» (dans le rapport entre ces deux figures), cest que lon a dû confondre ce qui est interne et externe. On doit logiquement conclure à une différence «interne» entre les deux figures, mais notre entendement nest pas capable de voir cette différence dans les concepts par lesquels il connaît ces figures. Lentendement ne peut analyser cette différence comme réellement intérieure («intrinsèque»,comme lest la différence entre un cercle et un carré) alors même quil ne la voit que par la mise en relation (synthétique, a posteriori) de deux figures. On notera au passage que cette différence nest pas due à la faillibilité de notre entendement, puisque «aucun entendement» ne le peut, donc pas même celui dun dieu. [il nest pas question dun dieu dans ce passage, nous noterons donc pas ce nom commun à la manière du chrétien Kant qui assimile au concept de dieu le nom de son dieu: Dieu] Avant danalyser la solution de Kant quant à cette limitation de la compréhension dune science qui est habituellement tenue pour purement analytique et qui ne contient pas dans ses concepts des différences avérées par les fait , il faut essayer encore une fois de comprendre lexemple donné par Kant pour rapprocher encore le lecteur de la perplexité propre à préparer à ladoption du point de vue critique. Kant développe un exemple de fait plus empirique que le précédant : la chiralité.
La chiralité (du grec kheir, la main) est la propriété
que possède un corps de ne pas être superposable à son image.
Cest sur cette mystérieuse propriété que se penche
Kant, comme une enfant se demandant pourquoi le miroir inverse la droite et
la gauche, et non le haut et le bas.
Limage dans le miroir est ce qui permet à Kant, dans la réalité
empirique, de réaliser concrètement ce que la géométrie
ne peut que concevoir: produire une figure «parfaitement identique [à
une autre] en tous les éléments [
] connaissables.»
Et comme précédemment il ny a pas possibilité pour
lentendement de penser comme intrinsèque une différence
quil doit constater. Pour nous (sauf erreur) interne et intrinsèque
ont le même sens, et sopposent à externe comme «en
relation avec une autre chose.» Une fois de plus cest une preuve
empirique (« les sens lenseignent») qui tranchent pour la
fausseté de lidentité affirmée par lanalyse
des concepts de ces deux figures. Kant a même été jusquà
pousser son empirisme à prendre la main pour exemple, parce que chaque
lecteur peut être considéré comme étant pourvu du
matériel nécessaire à lexpérience (même
en labsence de miroir), mais aussi parce que la non-identité est
vécu par tous directement avec la tentative (manquée) de mettre
un gant droit à la main gauche. Kant multiplie dailleurs les appels
à lexpérience quotidienne du «bon sens» (avec
les réserves formulées en AK. 369 [p. 152 de léd.
Vrin]) en utilisant loreille et lescargot (plus loin).
Largumentation est la même, puisque la symétrie axiale nest
rien dautre quune symétrie en miroir, vue de côté.
Il faut donc ici se demander si ces différences «internes»
existent réellement hors du concept. On signalera dans un premier temps
que cette chiralité est reconnue aujourdhui comme une propriété
stéréochimique des molécules (énantiomères)
dont les propriétés chimiques dépendent de la configuration
«D- ou L-» : la D-allothréonine est un aminoacide contenu
dans lamanite phalloïde (champignon mortel), une amanitine contenant
la L-allothréonine serait quant à elle une protéine inoffensive.
Si cette information nétait pas accessible à Kant, elle
montre cependant bien à quel point une différence de ce type,
inexplicable a priori, peut être en fait décisive dans lexpérience
(les aminoacides par exemple, ne sont dans la nature presque que du type D-).
Plus encore, ces mêmes molécules dont la chiralité résulte
par exemple de la présence dun carbone tétravalent asymétrique
(lié à quatre composants déférents) présentent
des caractères optiques de déviation du champ lumineux («
l- ou d-») qui correspondent au découpage L-/D-, sans y être
identique: seule lexpérience dit si un D- est l(-) ou d(+), et
alors le L- sera respectivement d(+) ou l(-). Kant pensait certainement à
des différences aussi profondes, aux conséquences aussi inexplicables
et aux principes irrationnels (rien nen rend raison, si ce nest
le fait). Son problème est pourtant avant tout géométrique
et est lié à la représentation dans lespace.
Si on peut concevoir un objet mathématique sans le penser dans lespace, on ne peut pas noter les différences dont il est ici question sans comparer les représentations de ces concepts dans lespace. Or quelles sont les caractéristiques de cet espace de représentation? Et par la même occasion ny a-t-il pas dans le concept de figure représentée dans lespace une détermination supplémentaire, interne aux figures dans lespace? On peut en effet considérer que lorientation des figures est une détermination interne. Nous avions vu que pour un triangle isocèle, il ny avait plus chiralité dans la sphère, il en va de même pour une molécule dont le carbone serait symétrique. Or si lon prend en compte lorientation des figures -nous dirons avec des termes modernes que lespace est vectoriel- il apparaît que même le triangle sphérique isocèle et que même la figure plane présentent une différence interne davec leur symétrique, et ne sont donc plus échangeables. Car la symétrie modifie les vecteurs, et seront alors identiques deux figures ayant des vecteurs colinéaires. Il faudrait alors démontrer quen fait il existe encore des différences intrinsèques observées, malgré lidentité conceptuelle, lorsquon met en relation de telles figures; je nen vois pas, mais je suppose que la théorie des ensembles peut en mettre à jour, et peut-être est-elle aussi capable de rajouter une nouvelle caractéristique à la figure Il ne semble pas que la critique kantienne soit épuisée si facilement, bien quil se puisse quelle soit en course perpétuelle avec une mathématique qui invente de nouvelles déterminations à lespace au fur et à mesure quelle «découvre» de nouvelles propriétés à lespace.
Cest justement cette notion de «propriété»
de lespace que Kant refuse. Ou plutôt, cest cette fausseté
qui est de penser lespace comme doté de propriétés
objectives, que Kant veut résoudre avec sa théorie. Kant refuse
de dire que lentendement est la faculté qui comprendrait lidéalité
des choses, les choses «telles quelles sont en elles-mêmes.
» Et encore plus il refuse lidée platonicienne que les objets
mathématiques seraient les représentations (ou images) de ces
choses en-soi, représentations sensibles qui résideraient dans
lesprit. Ainsi on ne peut pas dire que les déterminations dun
objet mathématique soient contenues dans son seul concept: la compréhension
du concept dépasse ce concept. Tout objet (ici mathématique) est
en relation non pas seulement avec dautres objets (auquel on pourrait
le comparer), mais en relation avec le sujet connaissant. Ces objets nous sont
inconnaissables en-soi, ce ne sont que des «intuitions sensibles,»
cest-à-dire le mode de connaissance immédiat qui nous présente
les phénomènes en même temps quil les ordonne selon
les «intuitions pures» que sont lespace et le temps. Ou
pour encore le dire autrement, cest le mode de connaissance de lobjet
tel quil est connaissable. Au §38, Kant donne pour le cercle la démonstration
que les propriétés du cercle sont en fait prescrites par lentendement,
et ne sont pas les propriétés à découvrir dune
chose extérieure à la pensée.
Il existe pour Kant, influencé sans doute par Newton (1765, Leibniz soppose
au Newtonien Clark), un espace absolu. Ainsi tout objet est forcément
positionné dans cet espace, et cette position le détermine. Cette
détermination nest pas tout à fait extérieure à
lespace interne de la figure géométrique, puisque comme
Kant lexplique jusquà la fin du paragraphe (suite à
notre texte), partie et tout sont intimement liés comme composants de
lespace total: il ny a de parties que parce quil y a un tout.
Cest dailleurs le préjugé qui est refusé lorsquen
géométrie on définit le point comme une partie de la ligne
ou la ligne comme un ensemble de points: ces définitions sont fausses
comme tend à le montrer le paradoxe du stade (Aristote, Physique IV,
210b). Le point est lintersection de deux lignes, la ligne de deux plans
(le rapport plan/volume relève de calculs intégraux plus complexes),
autrement dit lespace est premier et ces déterminations en figures
sont des limitations, et par là secondes. Cest la caractéristique
absolu de lespace. Mais comme le relève Zénon dElée,
un espace absolu ne peut être relatif (solution du paradoxe des masses),
cest-à-dire ne peut dépendre dautre chose que de soi
: Pour Kant, on pourrait dire que la solution est que lespace est un absolu
relatif: absolu parce quindéterminé, et relatif parce quon
ne peut le connaître que (il ne se manifeste que) dans les formes de la
sensation de chaque esprit.
Cette relation externe avec lespace en dehors de la figure est en fait
une détermination interne lié à la nature de lespace
: nous ne percevons que des phénomènes. Cette relation, enfin,
nest pas une relation qui existerait entre les choses en-soi, puisquelle
nest que notre mode de connaissance intuitive, la détermination
de la connaissance sensible. Ainsi lespace nest pas un concept,
puisquil nest pas une synthèse de parties en un tout: le
tout précède la partie. Il ny a de différence que
par rapport à un référentiel absolu, qui est lespace,
cest-à-dire notre perception: les relations externes sont les conditions
de notre rapport à lobjet. Cela relance le problème du dieu
omniscient, mais aussi le problème de la connaissance en général
: que peut connaître lhomme du monde, si sa connaissance des relations
entre les choses se limite aux conditions dapparition de ces choses à
sa sensibilité subjective?
Le sujet connaissant est fondamentalement une réceptivité. Cest-à-dire quil est passif dans le premier temps de la connaissance qui est lintuition sensible qui fournit à lentendement les représentations singulières. Un dieu aurait sur le monde le point de vue dun entendement parfait et non fini, il percevrait les noumènes. Ces noumènes ne sont pas une réalité idéale mais le point de vu parfait sur les choses en-soi. Les phénomènes sont donc le point de vue que nous avons sur les choses en-soi. Et lon ne peut connaître que de son point de vue singulier. Mais comme ce point de vue est universel parmi les hommes (ce sont les formes a priori de la sensibilité) lhomme peut connaître objectivement le monde tel quil lui apparaît. Cest dans son activité conceptuelle, menée par lentendement, que lhomme fonde sa connaissance, à partir de sa relation avec un monde réel qui se donne à travers lespace et le temps, sous forme dintuitions sensibles. Donc lhomme peut connaître le monde tel quil lui apparaît.
Nous pouvons donc rassurer lenfant qui sinterroge devant son miroir
: linversion de la droite et de la gauche nest pas une mystérieuse
propriété du miroir ou de la main (en-soi), propriété
qui épargnerai le haut et le bas. En un miroir, tous les points sont
réfléchis selon une symétrie que notre seul point de vue
tiendra pour (jugera être) une inversion (que lon penche la tête,
et haut et bas sont alors inversés, que lon lise le reflet dune
montre en lui appliquant les règles de lecture respectant lordre
des chiffres et non celui de la rotation de laiguille, et on aura lheure
«exacte»). Cest quen fait une main droite et une main
gauche ne sont pas identiques en toutes leurs déterminations, car relativement
à lensemble de lespace elles sont des volumes non congruents
car différemment orientées: si après sêtre
regardé dans un miroir on se retourne, notre main gauche est congruente
avec le reflet de notre main droite telle que nous venons de la voir: la symétrie
change la «nature» du phénomène. Lespace nest
pas une chose mais une forme, toute chose étendue comporte dans son concept
les propriétés de lespace, cest-à-dire de lintuition
extérieure: cest pourquoi cette qualité «propre aux
choses» (intrinsèque) ne peut apparaître à lentendement
que comme externe.
Lanalyse des figures est alors une Zergliederung ou dissection,
qui met à jour non des parties de lespace (ou de la connaissance),
mais des membres, limites dun tout organique. Comme le bon boucher de
Phèdre (266a) de Platon, il convient dopérer les
bonnes coupes. Mais dans ce monde là, les coupes nexistent pas
déjà dans le monde des Idées mais ne peuvent se faire que
selon des concepts de lentendement qui doivent suivre les pointillés
offerts par la sensibilité ayant accueilli les intuitions selon les formes
a priori que sont temps et espace.
Si les progrès dans la connaissance mettent à mal les exemples kantiens, il nen reste pas moins que la démarche critique reste valable: elle ne recherche pas une connaissance nouvelle (pas avant davoir développé une métaphysique, ce à quoi prépare la Critique), mais à comprendre la connaissance présente. Newtonienne sous Newton, la critique de la physique doit pouvoir aujourdhui être Quantique, idem pour les mathématiques. Si les conceptions de lespace ont pu varier et mettre en défaut la croyance kantienne en un espace absolu qui serait lespace en trois dimension de lintuition pure (alors quon comprend mieux la réalité avec un espace fractal ou topologique [ou main droit et main gauche sont aussi congruentes que la tasse de thé et le tore]), il nen reste pas moins que la prise de conscience de la relativité de la connaissance (plus tard la phénoménologie de Husserl posera quil ny a pas dautre réalité que les phénomènes) est un pas de géant, si ce nest pour la métaphysique du moins pour la connaissance en général.
Il reste une dernière difficulté dont nous ne traiterons que
brièvement, mais qui pour nous est lenjeu essentiel de la compréhension
du criticisme kantien: en quoi la sensibilité est-elle autre chose que
ces «inconnaissables» «quelque chose» (choses en-soi).
Certes Kant utilise le mot chose comme un terme désignant une entité
indéterminée appartenant à lunivers ou domaine de
définition du monde. La sensibilité est-elle un phénomène
? Lesprit peut-il connaître son propre en-soi? Qui est le sujet
de la connaissance? Si Kant répond que lesprit est un acte de
connaissance, donc faculté de penser par concepts, donc à partir
dintuitions sensibles et selon les formes de lintuition pure du
temps et de lespace, il se contente dun sujet formel, unité
de représentations, sujet transcendantale auxquels il refuse toute existence
concrète hors de la faculté de connaître. LEgo, sil
rend possible la perception du monde, nest pas lui même une objet
du monde, nétant ni concept, ni intuition: cest un il
aveugle et invisible qui rend possible tout regard.
«Tout jugement doit être accompagné de la représentation
du Je,» déduit-il, mais ce «Je» il nen
a pas dexpérience possible (pas même à travers ce
phénomène intérieur quest lâme) comme
le cogito cartésien. Ce sujet est constituant de lobjectivité
de phénomènes (et non plus simple tabula rasa, cire vierge
impressionnable), mais il reste une réceptivité soumise au déterminisme
de catégories nécessaires. Réussit-il alors à sauver
la liberté dans sa morale? Cest là que la démarche
critique doit être menée jusquà faire du sujet une
réalité concrète et au fondement de son être entier
(au delà de sa connaissance). Avec le même projet kantien de ne
pas faire de lhomme une chose sensible et intelligente (le réifier
et le soumettre à des déterminismes aliénants), peut-on
dans le kantisme saffranchir du dualisme métaphysique, de la croyance
et du devoir?
Warning: include() [function.include]: Unable to access /www/sites/1/P/R/proinsias.com/site/scripts/menu/a_menu_b.php in /www/sites/1/P/R/proinsias.com/site/quelquechose/travaux/o_prolego.php on line 408
Warning: include(/www/sites/1/P/R/proinsias.com/site/scripts/menu/a_menu_b.php) [function.include]: failed to open stream: No such file or directory in /www/sites/1/P/R/proinsias.com/site/quelquechose/travaux/o_prolego.php on line 408
Warning: include() [function.include]: Failed opening '/www/sites/1/P/R/proinsias.com/site/scripts/menu/a_menu_b.php' for inclusion (include_path='.:/www/usr/lib/php') in /www/sites/1/P/R/proinsias.com/site/quelquechose/travaux/o_prolego.php on line 408